Focus sur le PDG de NTFoods Tanty, Thierry NYAMEN

Focus sur le PDG de NTFoods Tanty, Thierry NYAMEN

Focus sur le PDG de NTFoods Tanty, Thierry NYAMEN

Thierry Nyamen, propriétaire de l’entreprise agroalimentaire Tanty, s’est lancé le défi de nourrir les Africains avec les matières premières qu’ils produisent. Pendant 17 ans, son entreprise a connu une croissance rapide en s’appropriant les parts de marché des multinationales.

Comment s’assurer que l’argent reste au Cameroun ? Nous devons créer de la richesse, notamment dans la chaîne de valeur. C’est une question à laquelle Thierry Nyamen aime répondre lorsqu’on lui demande d’expliquer sa success story. « Je rêvais de devenir médecin dans les années 1990 car cela correspondait parfaitement aux étudiants de l’époque. »

En 1989, Thierry Nyamen a obtenu un baccalauréat ès sciences, a reçu une bourse pour son pays et s’est envolé pour l’Université technique agricole d’État de Kharkiv en Ukraine. Il a obtenu un doctorat en technologie de la mécanisation agricole et était le premier de sa classe. Pour sa thèse, il a conçu une machine pour convertir les cacahuètes en poudre et en huile. Il est retourné en Chine en 1999.

Thierry Nyamen est un homme d’affaires atypique qui entend faire du “Made in Cameroon” son hobby.

Son diplôme en poche, il fait face à la dure réalité du chômage, déposant 750 candidatures sans obtenir de réponse. Le déclic s’est produit lorsqu’il a demandé à sa mère de lui envoyer du beurre de cacahuète. Elle a réussi à les faire cuire, mais la panne de courant l’a empêchée de les moudre au moulin. Thierry Nyamen n’accepte pas qu’une panne de courant médiocre le prive de son beurre de cacahuète. Il a donc décidé de créer une entreprise en favorisant la transformation des produits agricoles locaux. Il a d’abord conçu et commercialisé une farine d’arachide que les femmes pouvaient facilement préparer des sauces en quelques minutes.

En 2001, il enrichit son porridge de ces farines de cacahuètes grillées. Ce fut la naissance et le succès de Tanty Porridge, qui est aujourd’hui le porte-drapeau de son entreprise.

Il a réussi à vendre sa bouillie sur le marché et a levé 150 000 francs CFA comme capital et a lancé NTFoods avec sa mère comme seule employée. Il a reçu plusieurs prix, dont le prix spécial de 10 millions de francs CFA du président de la République et le prix de la meilleure invention de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI).

En 2016, l’État lui commande plus de 100 millions de francs CFA de polenta pour venir en aide aux réfugiés fuyant Boko Haram. Des capitaux réinvestis dans la production, lui permettant d’élargir sa gamme de produits 100% naturels, comprenant des bouillies pour enfants, des bouillies pour adultes et des produits de collation, c’est-à-dire des croquettes, des chips, du caramel, des cacahuètes, de la chapelure, des huiles végétales, etc.

Bientôt, Tanty était un leader dans les céréales pour bébés. La marque compte actuellement 36 produits dans plus de 1 500 points de vente, boutiques, pharmacies et supermarchés. Son produit phare, qui représente près de 80% de son chiffre d’affaires de 500 000 F.CFA, reste la Céréale Soja Enfants.

Une expertise partagée

Son succès repose sur le rapport qualité-prix de ses produits, qui n’a rien à envier à ses concurrents. C’est certes un homme d’affaires atypique, il aime certes les défis, mais c’est avant tout un patriote. Il entend faire du “Made in Cameroon” son pilier. Thierry Nyamen est enseignant à l’Université Catholique d’Afrique Centrale, à Sup de Co et à l’ISTAG, et consultant auprès de l’organisation francophone Youth Entrepreneurship.

Il a également apporté son expertise à environ 200 jeunes impliqués dans la réussite de Tanty au siège de l’entreprise dans le quartier Messamendongo à Yaoundé. Un jeune homme se réjouit du patron de 49 ans qui croit en ses propres valeurs. Le patron de NTFoods est persuadé que d’autres défis restent à résoudre.

Surtout pour expliquer aux Camerounais que le marché est immense et qu’il est inutile de continuer la guerre civile entre les compatriotes. Les prédateurs, affirme-t-il, sont des multinationales qui “mangent chez nous avec des pelles, tandis que nous mangeons avec des fourchettes et des cuillères”. Il faut faire confiance au talent et démontrer son expertise.

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